AFP - MYCHELE DANIAU
670 parents d'élèves ont déposé mercredi des plaintes contre X visant le fichier des écoles primaires "Base élèves"

Ce fichier porte selon eux atteinte aux droits de l'Homme et  de l'enfant, a annoncé le Collectif national de résistance à cette base de  données.

Depuis le mois de mars, un total de 1.720 plaintes ont ainsi été déposées  par des parents d'élèves auprès des tribunaux de grande instance (TGI).

Il y en a eu 672  dans 25 départements en cette seule journée de mercredi, selon un décompte  établi à 16H00 par le collectif. Ils se sont particulièrement mobilisés dans le  Gard (152 plaintes) et le Morbihan (129).

"Base élèves" est un fichier de données informatiques rempli par les  directeurs d'école lors de l'inscription des enfants, qui sert notamment de  suivi des parcours scolaires et doit être généralisé en 2009.

Un fichier établi sans consultation "ni avec les parents, ni avec les enseignants"
Le collectif a de nouveau dénoncé mercredi le fait que "l'administration  continue à l'imposer, sans la moindre consultation, ni avec les parents, ni avec  les enseignants".

Il faut "pousser le gouvernement à retirer l'arrêté (du 20 octobre 2008 qui  a créé le fichier) et à faire une proposition ou un projet de loi qui soit  débattu devant le Parlement, afin que l'on connaisse les tenants et les  aboutissants" d'une telle base de données, a expliqué à l'AFP Jean-Jacques  Gandini, du Syndicat des avocats de France (SAF), qui conseille le collectif.

Le fichier "pose des problèmes de sécurité, car il est très facile d'accès",  et un problème de durée de conservation des données, car il est connecté avec le  fichier national des identifiants des élèves, dont les données sont conservées  35 ans, selon M. Gandini.

"Sachant que tous les élèves seront répertoriés dès l'âge de trois ans, sur  35 ans, à terme, toute la population française sera fichée", a-t-il alerté.

De plus, la création de Base élèves "n'a fait l'objet que d'une simple  déclaration auprès de la Commission de l'informatique et des libertés (Cnil),  alors qu'elle aurait dû obtenir une autorisation", a-t-il affirmé.

Les plaintes sont donc déposées sur la base "de l'article 226-17-18-20 du  code pénal qui réprime les infractions à la loi du 10 janvier 1978, dite  Informatique et Libertés, qui a créé la Cnil".

Pour le collectif, "ce système d'immatriculation et de traçage des enfants  n'est pas nécessaire à la gestion des écoles, il est mis en place dans le cadre  d'une politique générale de fichage dont les méfaits sont régulièrement  dénoncés".

 Interrogé par l'AFP, le ministère de l'Education nationale n'avait pas réagi  mercredi en fin d'après-midi.

Un recours au Conseil d'Etat
 Base élèves fait par ailleurs l'objet d'un recours au Conseil d'Etat déposé  par deux particuliers demandant l'annulation de l'arrêté du 20 octobre 2008. Celui-ci est une version expurgée de données à caractère personnel: sous les  critiques d'associations, les critères ethniques ont été supprimés à l'automne  2007. La profession et la catégorie sociale des parents, la situation familiale  de l'élève, l'absentéisme signalé ou encore les besoins éducatifs particuliers  l'ont été en 2008.

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