Répartition des députés européens français
© France 3Près de 60 % des électeurs ne se sont pas déplacés.
L'UMP obtient 29 sièges au Parlement européen, le PS et Europe Ecologie 14 chacun, le Modem 6, le Front de gauche 4 sièges, le FN 3 et Libertas 1.
L'UMP totalise 27,87% des suffrages, selon la totalisation définitive. Derrière, les socialistes (16,48%) devront se remettre d'une véritable Bérézina, talonnés à moins de 35.000 voix par le rassemblement Europe Ecologie (16,28%) emmené par sa figure de proue, Daniel Cohn-Bendit.
Quant au MoDem de François Bayrou, il échoue dans son ambition de s'installer comme alternative, relégué sous la barre symbolique des 10%, à 8,45%. Cuisant échec personnel pour le "troisième homme" de la dernière présidentielle, qui a dit prendre "sa part de responsabilité".
Le rapport UMP-PS représente le pendant quasi exact du scrutin de 2004 quand le PS avait nettement devancé la droite. C'est la première fois -hors cohabitation- depuis 1979, que le parti au pouvoir est en tête d'une élection intermédiaire, face il est vrai à une opposition dispersée. En revanche, le total des voix de gauche (PS, Europe Ecologie, Front de gauche) fait quatre points de plus que celui de droite (UMP-NC, Libertas, Debout la République), 39% contre 35%. Toutefois, l'UMP ne dispose quasiment pas de réserves de voix et l'abstention record laisse à penser, comme l'a souligné Brice Teinturier dimanche soir sur France 2, que les classes populaires se sont largement abstenues.
L'UMP triomphe
La majorité s'est félicitée, à l'image du Premier ministre François Fillon, d'un "très bon résultat", attribué au travail accompli par le chef de l'Etat durant la présidence française de l'Union européenne.
"Le vote sanction a été sanctionné", a lancé le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand. "Le référendum anti-Sarkozy a échoué", a souligné le porte-parole du gouvernement Luc Chatel.
Claque pour le PS, forte poussée des écologistes
Les écologistes ont le sourire après la spectaculaire poussée de leur rassemblement au delà des Verts. Mais il leur faudra donner une suite à ce succès, "essayer de continuer cette aventure extraordinaire", selon M. Cohn-Bendit, star de la soirée.
D'autant que leur succès s'est notamment construit au détriment des socialistes, largement sous les sondages les plus pessimistes et qui n'ont pas profité du contexte de crise économique ou de l'impopularité persistante de l'exécutif. Symbole de ce transfert, le PS est devancé par Europe-Ecologie dans de nombreuses villes comme Bordeaux, Rennes, Rouen, Aix-en-Provence, Toulon, Nantes et surtout Paris, un an après la confortable réélection de Bertrand Delanoë.
Six mois après le désastreux congrès de Reims, le PS a mis sa défaite sur le compte de ses déchirures. Mais le parti, fragilisé, va aussi devoir éviter que l'après-élection ne tourne au règlement de compte, avec pour première échéance un conseil national mardi. "Je prends toute la mesure de la responsabilité du PS", a dit la première secrétaire Martine Aubry, qui avait assuré avant le scrutin qu'elle "continuerait" quel que soit le résultat. Selon elle, "le PS a surtout besoin d'une profonde rénovation" et "du rassemblement de la gauche". Mais déjà, des critiques s'élèvent, notamment dans l'entourage de son ancienne rivale Ségolène Royal, demeurée silencieuse dimanche. Aurélie Filippetti a parlé de "tsunami" et de "réplique du 21 avril 2002", assurant que le PS pourrait "disparaître" s'il ne réagissait pas.
Vers un remaniement gouvernemental
Dernière conséquence attendue du scrutin, le remaniement gouvernemental annoncé. Le résultat donne une grande marge de manoeuvre au président Sarkozy, qui s'est montré "très satisfait" selon un ministre reçu dimanche soir à l'Elysée. Il aura ainsi du temps et les mains libres. Avec un petit casse-tête. L'élection non prévue de Brice Hortefeux (Travail), en plus de celles de Michel Barnier (Agriculture) et Rachida Dati (Justice) dont les départs étaient annoncés. Après le succès des verts, il faudra voir si Claude Allègre fait ou non son entrée au gouvernement.
Un vote peu mobilisateur
L'abstention est très forte: 59,34 %. Les instituts de sondage devraient donner dans les jours qui viennent les motivations des abstentionnistes.
La déroute du Modem
Quant au Modem, il passe de 11,96 % à 8,7 %. Il paye peut-être la prestation de son leader, François Bayrou, qui s'était violemment opposé à Daniel Cohn-Bendit jeudi soir sur France 2. Mais les électeurs n'ont peut-être également pas apprécié son positionnement très présidentiel et très anti-sarkozyste. La tête de liste centriste en Ile-de-France, Marielle de Sarnez, évoque, elle, "un vote apolitique". "Nous payons l'erreur stratégique commise sur France 2", estime de son côté Jean-François Kahn.
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