La première plainte vise la Socatri, filiale de retraitement de déchets d'Areva, pour "pollution des eaux". La seconde vise la société nucléaire Areva pour "abandon et dépôts illicites de déchets".
Dans la nuit du 7 au 8 juillet, une fuite d'effluents uranifères au site drômois de Socatri (filiale d'Areva) s'était déjà produite.
Greenpeace souhaite que "les responsabilités soient clairement établies, des sanctions prises" et que toute la lumière soit faite sur les événements, déclare Frédéric Marillier, de Greenpeace France, dans un communiqué.
La semaine dernière, plusieurs perquisitions ont été menées: les 11 et 22 juillet à la Socatri, et le 22 juillet au siège de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) à Lyon.
Après la fuite de 74 kg d'uranium du site nucléaire du Tricastin dans la nuit du 7 au 8 juillet, le parquet de Carpentras avait ouvert une enquête préliminaire et mandaté l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (OCLAESP) ainsi que la section de recherches de Marseille. C'est dans le cadre de cette enquête que les gendarmes de l'OCLAESP ont effectué ces perquisitions à l'usine de la Socatri, filiale d'Areva.
Au-delà de la pollution engendrée par la fuite de la Socatri, une polémique a éclaté sur les conditions, notamment de délais, dans lesquelles l'incident a été signalé aux autorités par la direction de l'usine, comme elle en avait l'obligation. Après une enquête interne, Areva a nommé le 17 juillet un nouveau directeur à la Socatri. Le groupe a reconnu en outre un certain nombre de dysfonctionnements dans la gestion de l'incident et jugé que l'exploitant avait commis "l'erreur" d'avoir attendu "près de trois heures" pour prévenir les autorités.
Deux incidents en deux semaines
Un nouvel incident -le deuxième en deux semaines- a eu lieu le 23 juillet. Cent employés de la centrale nucléaire du Tricastin ont été "légèrement contaminés" par des radio-éléments qui se sont échappés d'un tuyau dans le bâtiment d'enceinte du réacteur numéro 4, à l'arrêt pour maintenance.
Une chargée de communication de la centrale a affirmé que "cet événement [n'avait] pas de conséquence ni sur la santé des personnes ni sur l'environnement. Pendant la durée de l'enquête interne, l'accès du bâtiment impliqué a été suspendu", a-t-elle précisé. L'incident a été classé provisoirement au niveau zéro (sur une échelle de 0 à 7), selon une porte-parole de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).
Dans la nuit du 7 au 8 juillet, déjà, 74kg d'uranium en solution s'étaient échappés de l'usine Socatri du site de la centrale nucléaire du Tricastin à cause d'une défaillance d'une cuve de rétention. Les autorités avaient affirmé que cet incident -classé niveau 1- qui a suscité de vives réactions des écologistes, n'avait eu aucune conséquence sur la santé des personnes ou l'environnement.
Le réseau "Sortir du nucléaire" a estimé le 23 juillet que le "nouvel événement grave" de la contamination de salariés de l'usine du Tricastin mettait "en cause l'industrie nucléaire". Il a réclamé "d'urgence" un débat national sur la sortie du nucléaire. "Contrairement au discours officiel qui prétend que ces contaminations ne sont pas dangereuses, Sortir du nucléaire rappelle que, dès 1990, la très officielle Commission Internationale de Radioprotection (CIPR) a admis que toute dose de rayonnement comporte un risque cancérigène et génétique", a déclaré l'association.
Sortir du nucléaire et une voisine de la centrale nucléaire ont également porté plainte dans cette affaire.
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