Le chef d'escadron de gendarmerie Jean-Hugues Matelly radié des cadres par "mesure disciplinaire"

Le chef d'escadron de gendarmerie Jean-Hugues Matelly radié des cadres par "mesure disciplinaire"

France 2
Un chef d'escadron de gendarmerie a été radié par "mesure disciplinaire" prise par décret du président de la République

Cette mesure, la plus lourde en la matière, prise par un décret du président de la République, a été "signifiée ce jeudi" à l'intéressé, Jean-Hugues Matelly, 44 ans.

Jean-Hugues Matelly qui paye le fait d'avoir critiqué le rapprochement police-gendarmerie au sein du ministère de l'Intérieur, a déposé vendredi un référé devant le Conseil d'Etat.

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Le chef d'escadron Matelly s'était exprimé publiquement en tant que chercheur du CNRS, fin 2008, en critiquant le rapprochement  police-gendarmerie au sein du ministère de l'Intérieur. Rapprochement effectif depuis le 1er  janvier 2009. Problème, il s'était notamment expliqué dans un article de presse, cosigné avec un autre chercheur du CNRS n'étant pas gendarme, Cristian Mouhana.

M. Matelly avait réitéré ces critiques contenues dans cette étude, "la gendarmerie enterrée dans l'indifférence générale", sur une radio nationale.

Le décret, daté du 12 mars, ne sera pas publié au Journal officiel, a ajouté l'avocat qui envisage un référé devant une juridiction administrative pour la contester. "Il n'y a pas de précédent pour un manquement à l'obligation de réserve" qui était reprochée à M. Matelly, "y compris pour des gendarmes ayant fait l'objet  de mesures pénales comme dans l'affaire des paillotes (brûlées en Corse en  1999)", a-t-il ajouté.

M. Mouhana s'est déclaré "scandalisé" par cette mesure "jamais utilisée dans un tel cadre", qui "reflète le malaise de la gendarmerie que la hiérarchie ne veut pas entendre". "Le rapprochement police/gendarmerie, cela signifie la fin de la police de proximité telle que les gendarmes la  pratiquaient", a-t-il ajouté, "ce qui était dit dans notre étude".

Courant octobre 2009, un conseil d'enquête de la gendarmerie avait proposé  la "radiation des cadres" de cet officier supérieur visé par une procédure disciplinaire pour "manquement grave" à son obligation de réserve à laquelle sont strictement soumis les gendarmes qui sont des militaires. Ils n'ont pas le droit de se syndiquer comme les policiers, de statut civil.

Pour la gendarmerie,  M. Matelly "n'a pas  respecté de longue date" les obligations liées à son statut. "Il en avait été averti et avait même été sanctionné pour cela", le général  Jean-Philippe Ster, responsable de la communication à la DGGN.

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